Festival de théâtre d'histoires courtes C O L L E C T I F - L A C O H O R T E.

REQUIN

Création

2020 - tout public

Texte

Bertrand Belin

Mise en scène

Marie Dissais

Avec

Cora Badey

About This Project

C’est depuis le milieu d’un lac artificiel près de Dijon, durant le temps que prendra sa noyade et avec le souffle que lui laisse la dure entreprise de se maintenir en vie, que le narrateur élève, aux prix d’efforts de plus en plus pénibles à produire, son chant d’adieu. Une oraison fragmentée, épique, drôle, qui le présente comme l’unique occupant d’un édifice s’affaissant jour après jour.

Requin concentre un faisceau de réflexion auxquelles Marie Dissais est sensible et qui ont d’ores et déjà peuplé ses travaux précédents. A quoi pouvait bien ressembler la vie des premiers hommes ? Quelles traces reste-il de ces vies aujourd’hui ? en quoi nous ont-elles façonnés ? Comment envisager notre propre mort ? que peut-on faire de cette fin inéluctable et comment vivre avec ? quel héritage laisserons-nous ? Quelle mémoire gardera-t-on de notre passage sur Terre ? quel regard sera porté sur nous ?

Requin c’est aussi une langue, un esprit vif et incisif qui décortique, à l’heure de sa mort, avec lucidité, ce qu’aura été ce laps de temps qu’on appelle la vie.

La situation est radicale : il s’agit des dernières paroles d’un humain en train de se noyer. Et en fait donc une proposition théâtrale forte qui impose au metteur en scène et à l’acteur un excitant défi. Cette parole déborde du personnage comme un dernier réflexe de survie, et elle est contenue dans une unique action : se noyer. Le rapport au langage et au corps est donc au centre de cette proposition presque performative.

Elle s’ancre dans un espace-temps inconnu, une zone inexplorée entre le monde des vivants et celui des morts – à cheval sur la ligne de flottaison, entre le monde marin et celui des terriens.